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Joseph GILLES

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Lu dans " La voix de Saint-Evode ", bulletin des membres de la maîtrise de la cathédrale de Rouen.
Mai 2001

UN ANCIEN MÉCONNU: Joseph GILLES.

Qui d 'entre les actuels Anciens de la Maîtrise, connaît le nom de Joseph Gilles ? Avec I’excellent article que lui consacre ci-après Michel Morisset, un ancien lui aussi, nous comblons une importante lacune en ce qui concerne cet exceptionnel musicien, exact contemporain de Maurice Duruflé (qui fut maîtrisien de 1912 à 1918). Le cher Jules Lambert fut leur répétiteur. On ne félicitera jamais assez Julien Bret d'avoir enregistré avec talent et ferveur la symphonie, objet de l'article ci-après( sur le formidable Cavaillé-Coll de St-Ouen de Rouen, en compagnie de Marie-Andrée Morisset-Balier, sur un CD disponible à la FNAC et à l'Abbatiale St-Ouen. En voici les compositeurs : Marcel Dupré, André Caplet, Marcel Lanquetuit, Maurice Duruflé, Pierre Villette et Joseph Gilles, B.D.

"La symphonie pour orgue" de Joseph Gilles vient d'être enregistrée par Julien Bret (titulaire du Grand orgue de la basilique de Bonsecours). "Mon nom ne fera qu'une fumée dans Darnétal" disait en plaisantant Joseph Gilles. Né dans une famille modeste le 21 mai 1903 rue Angelée (rue aujourd'hui disparue) à Darnétal, Joseph Gilles est baptisé à l'église Saint-Ouen de Longpaon et son frère Emile est son parrain.

Son deuxième frère Ernest, son aîné de quatorze ans, qui avait été séminariste, conseille à ses parents, compte tenu de ses dons, de l'envoyer à la Maîtrise Saint-Evode où il est élève de 1914 à 1921. Dès 1919, il est organiste à l'église Saint-Sever et travaille avec Marcel Lanquetuit, le futur organiste de la cathédrale, qui le prépare au concours d'entrée au Conservatoire de Paris. Il obtient, dans la classe de Marcel Dupré en 1929, un premier prix d'orgue et d'improvisation ex-aequo avec Olivier Messiaen.

C'est au Conservatoire qu'il rencontre Henriette Barbier, excellent musicienne qu'il épouse à Rouen le 29 juillet 1925 en l'église Saint-Joseph. De leur union naîtront deux filles, Monique et Josette. Après avoir été organiste à l'église de Rueil, il est nommé en 1930 au grand orgue de Saint-Pierre de Chaillot et maître de chapelle. Le musicien Jean-Jacques Laubry nous a confié qu'il était impressionné par son agilité et son aisance rare. Assistant de Marcel Dupré, Joseph Gilles collabore aux éditions de son maître qui lui dédie son Traité de contrepoint. En 1937, sa Symphonie est publiée chez Bornemann, mais ses amis organistes - dont Maurice Duruflé - la trouvent trop difficile d'exécution et elle restera pendant plus de soixante ans dans l'oubli. Différentes pièces pour piano, pour orgue, des mélodies, des chœurs constituent l'œuvre d'un artiste de grande valeur, décédé à 39 ans au sanatorium du Plateau d'Assy le 12 octobre 1942. I1 repose ainsi que son épouse au cimetière du Nord à Rouen.

Joseph Gilles était d'un naturel souriant, joyeux, affectueux avec ses proches. Il aimait le cirque et allait au Medrano près de chez lui, boulevard de Clichy. Il était aussi anxieux lorsqu'il composait. Il avait des doutes, et sa femme le conseillait. La modestie de Joseph Cilles et la difficulté d'exécution de cette symphonie n'expliquent pas le purgatoire qui a laissé dans l'ombre cette œuvre majeure. Des documents et articles communiqués par Monique Boutry-Gilles et Josette Gilles, filles du compositeur, montrent l'intérêt des auditeurs pour ses qualités d'interprète lors de ses récitals à Paris, à Bruxelles, en Normandie. Dans sa nécrologie, Olivier Messiaen s'exprimait ainsi : "ses improvisations nerveuses, dynamiques, me remplissaient d'admiration ".

Michel Morisset

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